Evanescences.

Tout n’est pas vain dans le creux d’une vanité. Il y des choses qu’on a envie d’écrire mais peu envie de voir; qu’on aimerait garder parce qu’on sait qu’elles s’enfuient; qu’on aime à voir partir parce qu’elles sont belles, et que leur frisson, quelques instants, vous a fait un peu meilleur. Il y a dans ces moments qui vont et s’évanouissent, un infime ravissement tôt en allé, dont le sillage reste suspendu dans les airs, puis, en s’effaçant, laisse durer un instant de joie, de sagesse, ou simplement une cristallisation secrète qui change l’angle du regard et la couleur de sa vie. Ces secondes sont d’autant plus précieuses que – on le sait mieux comme la vie avance et les ombres s’allongent sur l’herbe – qu’elles sont rares.  Ces instants invisibles nous occupent, et nous montre le sens. Ce sont les évanescences.